Flow
Je traverse la Loire, sous les lumières
bleues. Traversée entre la fébrilité et le vide. Musique sur la
route. J'ai envie de courir sur place. Je me fête en regard, me rêve
en pensées. Quand soudain, un détail. Des habits sur les câbles,
bien pliés. Soudain, j'existe au milieu du pont. J'existe juste
parce que je regarde la nuit si fort que se mêlent mes sens dessus
dessous. Saturée. Doses trop forte de vie dans les veines.
Pulsations qui bourdonnent et dans la cage thoracique le cœur qui
enlève les jambes et puis tout le corps dans cette course folle et
désarticulée. Explosion, écartelée d'un bout à l'autre du
spectre, et fantôme je réalise que j'ai traversé ces derniers
jours dans l'hébétude. Eblouie par les rayons du soleil, le matin
qui lance le pilote automatique. Soudain la descente sous le ciel
étoilé, je décroche à pleine vitesse et je me vois en deux temps,
perdre de vue l'horizon. Je me perds et je me retrouve, je me lâche
et me rattrape par le col, sans jamais finir par me laisser tomber.
Mais à quelle puissance ce fil est-il tendu ? Ne suis-je qu'un
yoyo qui tourne à plein régime en roue libre ?
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